Concernantl’étude portant sur le désir de devenir parent chez des personnes atteintes d’un handicap mental : 304 participants ont jugé du degré d’acceptabilité de chacun des 60 scénarios proposés, résultant de la combinaison de cinq facteurs : « degré de retard mental », « entourage familial », « stabilité de la relation », « partenaire » et « attitude des parents
Protectionjuridique et accompagnement social. Les personnes handicapées peuvent avoir besoin d’un tiers pour s’occuper de la gestion de leur argent, de leur patrimoine et des prestations sociales qu’elles reçoivent. Les différents modes de prise en charge de la protection des personnes vulnérables sont les suivants :
Laprotection juridique du majeur ayant un handicap mental. Le passage à l’âge de la majorité, 18 ans, pour un enfant handicapé, est une étape particulièrement importante pour une personne ayant un handicap mental : celle-ci est alors considérée comme autonome pour réaliser seule les actes de la vie civile et gérer son patrimoine.
cash. Enfant gravement malade, parent en fin de vie ou en perte d’autonomie, … Tout salarié a droit, pour faire face à une situation familiale difficile, à un congé spécifique. Si les conditions sont remplies, vous ne pouvez ni refuser, ni reporter ce apprenez qu’un de vos salariés vit une situation difficile en raison de l’état de santé d’un de ses proches. Vous sentez qu’il a du mal à se concentrer et à assumer correctement sa charge de travail. Afin de l’aider à reprendre pied, différents congés existent, qui lui permettront de venir en aide à la personne de sa famille qui en a besoin. Leur point commun permettre au salarié de s’absenter pour une période plus ou moins longue. Ces congés ne sont pas rémunérés par l’employeur, les conventions collectives nationales applicables dans le secteur du BTP ne prévoyant pas le maintien de la rémunération pendant ces absences. Gardez bien à l’esprit que ces différents congés sont un droit pour le salarié, c’est-à -dire que vous ne pouvez ni les reporter, ni les refuser. Le congé de présence parentaleTout salarié qui doit s’occuper d’un enfant à charge de moins de 20 ans, gravement malade, handicapé ou accidenté et dont l’état de santé nécessite la présence d’une personne à ses côtés, peut bénéficier d’un congé de présence durée maximale est de 310 jours ouvrés soit 14 mois par enfant et par maladie, accident ou salarié utilise ce crédit de jours d’absences » en fonction de ses besoins, sur une période de 3 ans maximum. Il peut prendre son congé de manière continue ou fractionnée, sans qu’une durée minimum ne soit imposée. En revanche, aucun jour ne peut être fractionné en demi-journée par exemple. Les conditions. Aucune condition d’ancienneté n’est procédure. Le salarié doit vous faire sa demande de congé de présence parentale par lettre recommandée avec accusé de réception LRAR au moins 15 jours avant le début du congé. Il doit y joindre un certificat médical attestant de la gravité de la maladie, de l’accident ou du handicap et de la nécessité d’une présence permanente auprès de l’enfant ; fixant la durée initiale du traitement qui sera revue tous les 6 mois. Durant ce congé, chaque fois que le salarié souhaite prendre des jours d’absence, il doit vous en informer 48 heures à l’ situation du salarié. Ce congé n’est pas rémunéré mais peut être indemnisé par la caisse d’allocations familiales sous la forme d’une allocation journalière de présence parentale AJPP. Ce congé n’est pas assimilé à du travail effectif pour les congés payés, mais est pris en compte pour moitié dans le calcul des avantages liés à l’ancienneté et en intégralité pour les droits au retour de son congé, et notamment si le salarié s’est absenté pour une longue durée, il retrouve son emploi ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins congé de solidarité familialeLe congé de solidarité familiale anciennement appelé congé d’accompagnement de fin de vie » s’adresse au salarié dont un ascendant, un descendant ou une personne partageant son domicile souffre d’une pathologie mettant en jeu son pronostic vital. Il est d’une durée de maximale de 3 mois, renouvelable une fois. Il prend fin à l’expiration de cette période ; ou dans les 3 jours qui suivent le décès de la personne ; ou à une date antérieure, en respectant un délai de prévenance de 3 jours calendaires y compris dimanches et jours fériés. Notez-le en cas de décès de la personne, le salarié bénéficiera des autorisations d’absences pour événements conditions. Aucune condition d’ancienneté n’est procédure. Le salarié doit vous adresser sa demande par LRAR au moins 15 jours avant le début du congé, accompagnée d’un certificat médical attestant que le pronostic vital de la personne est en congé peut démarrer immédiatement si le médecin constate l’urgence salarié doit aussi vous informer de la date prévisible de son retour avec un préavis de 3 jours francs. En cas de renouvellement, le salarié doit vous en informer 15 jours avant le terme prévu. Notez-le Le congé de solidarité familiale peut aussi être pris à temps partiel, mais il faut pour cela que vous ayez donné votre situation du salarié. Ce congé n’est ni rémunéré, ni indemnisé par la CAF. Le salarié ne peut exercer aucune activité congé n’est pas assimilé à du travail effectif pour les congés payés, mais est pris en compte en intégralité dans le calcul des avantages liés à l’ancienneté et au retour de son congé, le salarié retrouve son emploi ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins congé de soutien familialLe congé de soutien familial s’adresse au salarié qui souhaite suspendre son contrat de travail afin de s’occuper d’un membre de sa famille, handicapé ou âgé, présentant une perte d’autonomie est d’une durée de 3 mois, renouvelable dans la limite d’1 an sur l’ensemble de la carrière du salarié, c’est-à -dire toutes entreprises conditions. Ce congé est ouvert à tout salarié justifiant d’une ancienneté d’au moins 2 ans dans l’entreprise et dont le parent est le conjoint, le concubin ou la personne avec laquelle le salarié a conclu un PACS ; un ascendant, un descendant, un enfant à charge ; un collatéral jusqu’au 4e degré ex. frère, sœur, oncle, tante, cousin germain, cousine germaine, neveu, nièce ; un ascendant, un descendant ou un collatéral jusqu’au 4e degré du conjoint, concubin ou de la personne avec qui il est pacsé ». Cette personne doit résider chez elle ou chez le salarié, c’est-à -dire ne pas être en maison de repos, de retraite, à l’hôpital, procédure. Le salarié doit vous adresser sa demande par LRAR 2 mois avant le début du congé, que ce soit pour un premier congé ou pour un renouvellement non successif ; 1 mois avant le terme prévu en cas de renouvellement successif. Notez-le Ces délais sont ramenés à 15 jours en cas d’urgence dégradation soudaine de l’état de santé de la personne ou cessation brutale d’hébergement en établissement spécialisé.Il doit joindre à la demande une déclaration sur l’honneur de son lien familial avec la personne aidée ; une déclaration sur l’honneur attestant qu’il n’a jamais eu recours à un congé de soutien familial ou, s’il a bénéficié d’un tel congé, la durée de celui-ci ; une copie de la décision justifiant du taux d’incapacité au moins égal à 80 % lorsque la personne aidée est handicapée ; une copie de la décision d’attribution de l’allocation personnalisée d’autonomie APA lorsque la personne aidée souffre d’une perte d’autonomie. Le salarié peut mettre fin de façon anticipée à son congé en cas de décès de la personne aidée ; admission dans un établissement ou recours à un service d’aide à domicile ; diminution importante des ressources du salarié ; congé de soutien familial pris par un autre membre de la famille. Il doit, dans ce cas, vous en informer par LRAR au moins 1 mois à l’avance, sauf en cas de décès délai de 15 jours.La situation du salarié. Ce congé n’est ni rémunéré, ni indemnisé par la CAF. Cependant, le salarié peut être employé par la personne aidée si celle-ci bénéficie de l’APA ou de la prestation de compensation du handicap PCH.Ce congé n’est pas assimilé à du travail effectif pour les congés payés, mais est pris en compte en intégralité dans le calcul des avantages liés à l’ancienneté et pour les droits au son retour de congé, le salarié retrouve son emploi ou un emploi similaire assorti d’une rémunération au moins le départ du salarié, comme à son retour de congé, vous devez le recevoir en entretien pour discuter de son orientation professionnelle. Si la situation se détériore et que le pronostic vital de la personne aidée est en jeu, le salarié peut demander à bénéficier, à la suite de ce congé, du congé de solidarité familiale voir ci-dessus.Le congé pour maladie ou accident d’un enfantTout salarié peut bénéficier d’un congé en cas de maladie ou d’accident d’un enfant de moins de 16 ans. Il est d’une duréede 3 jours par an ; 5 jours par an si l’enfant est âgé de moins d’un an ; 5 jours par an si le salarié a au moins 3 enfants de moins de 16 ans à charge. Ce congé peut être pris en une seule fois ou être fractionné en journées ou demi-journées. La situation du salarié. Ce congé n’est pas rémunéré, ne nécessite aucune condition d’ancienneté dans l’entreprise. Il n’est pas assimilé à du travail effectif pour le calcul des congés payés, mais il est pris en compte pour moitié dans le calcul des avantages liés à l’ancienneté et en intégralité pour les droits au congé est attribué à chaque salarié, c’est-à -dire que si les deux parents de l’enfant travaillent, ils y ont droit tous les Sonnerat Pour plus de précisions sur ces congés spécifiques, les Editions Tissot vous proposent un extrait de leur ouvrage Social Bâtiment ».Article publié le 12 mai 2009
Après une première édition publiée en 2011, une seconde version actualisée du guide Parents Handis pas à pas – Du désir d’enfant à son entrée en maternelle », édité par l’Association des Paralysés de France vient de paraître. Destiné à accompagner les couples dans leur désir d’enfant lorsque l’un ou les deux parents sont en situation de handicap, cette brochure consultable en ligne et disponible gratuitement en version papier répond aux questions d’ordre pratique que se pose chaque futur parent, avec les spécificités dues au handicap. Mais au-delà d’une brochure pratique à destination des parents et futurs parents en situation de handicap, le guide sert aussi à sensibiliser les professionnels de la santé, du champ du handicap, de la petite enfance, les associations, les proches, et bien sûr les pouvoirs publics sur ce sujet qui donne encore lieu à bien trop de préjugés et dans un contexte où les droits des parents en situation de handicap ne sont de toute évidence pas respectés. Interview d’Agnès Bourdon, coordinatrice de la réalisation du guide Parents handis pas à pas » 66 Millions d’IMpatients Comment et pourquoi est né ce guide ? Agnès Bourdon La première édition parue en 2011 a été l’initiative du groupe national des parents en situation de handicap, élus au sein de l’Association des Paralysés de France APF. A l’époque, le groupe était constitué de 22 élus, puisqu’il y avait 22 régions. On avait tous des anecdotes sur la façon dont les parents en situation de handicap étaient reçus dans les maternités. Pourtant, nombreuses sont les personnes en situation de handicap qui ont tout simplement du mal à s’envisager en couple et encore moins parents. Souvent ils appréhendent la façon dont ils pourraient être reçus par le corps médical ou jugés par leurs proches, s’ils émettaient un désir d’enfant. Il faut bien avouer d’ailleurs que les professionnels de santé sont souvent peu formés et désemparés face à ces patients. Fort de ce constat et de nos expériences respectives, nous avons cherché des supports d’informations et nous sommes rendus compte qu’il n’existait quasiment rien sur le sujet. Qu’est-ce qui vous semblait important de mettre en avant dans ce guide ? Les sujets abordés dans le guide sont des sujets qui préoccupent finalement tous les parents mais avec la spécificité du handicap en plus quelle chaise haute acheter, comment je me déplace avec mon enfant en voiture, est-ce que je peux aller et déposer mon enfant à la crèche facilement, ai-je droit à des aides financières, humaines, etc. ? En outre à l’APF, on est très attaché à avoir une réflexion du point de vue des familles. Les pouvoirs publics abordent plutôt le handicap sous un angle individuel mais lorsqu’une personne est touchée par le handicap, c’est l’ensemble de son entourage qui doit être pris en compte. Le guide défend beaucoup ce point de vue sur tous les aspects de la parentalité. Combien de temps avez-vous mis à écrire ce guide et qu’avez-vous amélioré entre la première et la seconde édition ? On a mis beaucoup de temps à réaliser ce guide car il a fallu se pencher sur des problèmes d’accessibilité mais aussi de droits, de formation des professionnels, etc… Plus on avançait, plus on soulevait de nouvelles questions à aborder et à résoudre ! En tout, la première édition nous a pris environ 4 ans. Les questions qui sont apparues ont commencé à se transformer en revendications que nous avons portées et que nous continuons de porter auprès des pouvoirs publics. Depuis 2011 des choses ont changé et on espère que de nouvelles décisions vont être prises rapidement. La deuxième édition prend donc en compte les nouveaux dispositifs mis en place entre temps en faveur des parents en situation de handicap. La mise en place du blog nous a également permis d’échanger avec de nombreux parents qui nous ont écrit et dont la seconde édition se fait aussi le porte-voix. Ce guide a donc un côté pratique mais également militant. En outre, nous avons revu notre copie d’un point de vue pratique. La deuxième édition est bien plus facile à lire, plus simple à comprendre. On n’avait effectivement pas optimisé la première version pour les personnes qui ont des problèmes de lecture, par exemple ceux qui souffrent de troubles DYS. Cette fois, on l’a pris en compte. Cela dit, il nous reste encore bien des choses à améliorer. On aimerait aussi pouvoir sortir une version audio sur laquelle nous travaillons. A combien d’exemplaires et comment diffusez-vous l’édition 2017 du guide ? Nous l’avons imprimé à 4 000 exemplaires, et nous le distribuons gratuitement. Il est également consultable sur internet et pour le recevoir en version papier, il suffit de le demander à sa délégation départementale de l’APF. Nous voulons évidemment toucher directement les gens qui doivent être sensibilisés au sujet comme les Agences régionales de santé ARS, en espérant que cela redescende dans chaque département puis dans les PMI Protections maternelles et infantiles, les MDPH Maisons départementales des personnes handicapées, les hôpitaux, les maternités, et que le guide suscite des questionnements, des remises en cause, des discussions avec les patients concernés, des aménagements… Quelles sont les revendications que vous avez portées ces dernières années sur le sujet de la parentalité pour les personnes en situation de handicap ? On s’est aperçu que le droit ne prévoyait pas vraiment que des personnes en situation de handicap puissent vouloir et avoir effectivement des enfants ! Il y a des lois et des droits bafoués du fait qu’on est en situation de handicap. Cela a commencé à changer. Le guide nous a permis de soulever des réflexions de façon construite et constructive, d’avoir une démarche militante, de mobiliser d’autres associations, différents ministres, et il y en a eu beaucoup… C’est le propre de la politique française de convaincre et reconvaincre à chaque fois qu’il y a de nouvelles prises de fonction. Par exemple, les parents en situation de handicap n’avaient pas les mêmes droits selon qu’ils touchaient l’AAH Allocation aux adultes handicapés ou qu’ils avaient une pension d’invalidité. Dans le dernier cas, ils n’avaient pas droit à l’allocation pour la garde d’enfants, car le législateur qui à l’époque a pensé à cette allocation l’a fait en imaginant que les personnes qui touchaient une pension d’invalidité étaient forcément de vieux soldats de guerre. Il a donc fallu réfléchir à la situation actuelle et adapter les lois. Concrètement, dans la vie de parents en situation de handicap, cela se traduit comment au quotidien ? En premier lieu, je dirais qu’en France, en termes de compensation, on pense individu. On compense l’individu et ses besoins fondamentaux mais on ne compense pas son accès à tout, son droit de tout, son droit d’être un être humain, qui choisit sa vie, et notamment celle d’exercer une parentalité. Sur le plan de l’aide humaine, la plupart des parents n’obtiennent pas de temps supplémentaire pour les aider à exercer leur parentalité. Souvent ils utilisent leurs propres aides humaines dont ils ont besoin pour se laver, s’habiller, afin de les aider à exercer leur rôle de parents. Encore faut-il que l’aidant soit d’accord et qu’il n’y ait pas d’accident, car ce n’est pas la mission pour laquelle il a été engagé. En termes de droit commun, comme tout parent, on a tous droit à des aides quand on est en situation de fragilité, pendant un certain temps. Ces aides sont dispensées par la CAF Caisse d’allocations familiales, mais beaucoup de parents ne le savent même pas, qu’il s’agisse de parents en situation de handicap ou non d’ailleurs. On a en effet droit à un certain nombre d’heures d’accompagnement par des techniciennes d’insertion sociale et familiale pour aider à gérer son budget pour certains, faire les courses pour d’autres, pour le ménage, etc… Tout le monde y a droit, cependant la personne en situation de handicap a des besoins plus spécifiques encore. Pour elle, le simple fait de déposer et d’aller chercher son enfant à l’école est parfois impossible sans aide. Bien souvent, lorsqu’on obtient par chance une compensation, cela ne va pas au-delà des sept ans de l’enfant. Mais à 7 ans, ce n’est pas du tout évident que l’enfant puisse aller seul à l’école, très peu probable qu’il se fasse à manger tout seul tous les soirs ou qu’il fasse sa lessive. En outre, pour l’aide aux devoirs, certains parents là aussi ont besoin d’aménagements ou d’aide pour un bon suivi à la maison. Aujourd’hui, ainsi que le mentionne le guide, les lois changent en faveur de ces parents en situation de handicap. Sur le terrain, est-ce facile pour eux de revendiquer leurs droits ? Il existe des lois, mais elles ne sont absolument pas appliquées avec équité sur l’ensemble du territoire. En outre, il faut bien comprendre qu’en ce qui concerne le champ du handicap par rapport à la parentalité, peu de choses sont prévues puisque là encore, les pouvoirs publics n’ont pas envisagé la situation dans sa globalité. Aujourd’hui il existe notamment des aides sur le plan technique, particulièrement le temps de la grossesse. Par exemple, une future maman en situation de handicap peut obtenir un aménagement de sa salle-de-bain durant la grossesse. Mais allons plus loin avec le lit de l’enfant une fois qu’il est né. Il faut parfois prévoir un lit spécifique qui soit accessible, par exemple pour une maman ou un papa en fauteuil roulant. Dans ce genre de cas, les parents doivent négocier la prise en charge d’une aide, car le lit est finalement destiné à l’enfant, qui lui n’est pas en situation de handicap. Il faut bien savoir aussi que ce genre de demandes n’est pas forcément entendu, tout simplement car les parents en situation de handicap ne pensent même pas qu’ils pourraient y avoir droit. Je vous donne un autre exemple une personne qui bénéficie d’aide du fait de son handicap peut a priori aménager l’espace de vie, sa chambre, la salle-de-bain, mais son accès à la chambre de ses enfants ne sera probablement pas pris en charge. On n’imagine pas que les gens qui ont un handicap ont une famille. Il y a une grande inégalité d’un territoire à l’autre sur la prise en charge de la compensation, sur l’écoute globale de la vie de la personne en situation de handicap, que cela soit sur le plan matériel ou concernant les aides humaines. L’aide humaine n’est quasiment pas prévue pour exercer sa parentalité. Le gouvernement précédent nous avait promis d’envisager cette compensation à la parentalité. Aujourd’hui nous avons un nouveau gouvernement et nous devons tout reprendre à zéro. Vous soulevez également un manque de formation des professionnels ? C’est vrai, que cela soit les professionnels de santé, les travailleurs sociaux et plus tard ceux qui seront au contact de l’enfant et des parents. Il faut prévoir parfois d’expliquer avec des mots simples la description d’une échographie à un parent mal ou non-voyant par exemple. Je ne parle même pas des maternités qui sont très loin d’être toutes accessibles en fauteuil roulant… Tout simplement parce qu’encore une fois, on n’a pas envisagé qu’une personne en situation de handicap puisse vivre un accouchement. Et c’est valable autant pour la maman que pour le conjoint qui pourrait se trouver être le parent en situation de handicap et qui est la plupart du temps très exclu. Plus tard, ce sera les personnels de crèche ou les enseignants qui ne seront pas formés à recevoir des parents en situation de handicap. Parfois d’ailleurs, les locaux ne sont pas du tout adaptés. Ces parents ne peuvent alors tout simplement pas participer correctement à la vie sociale et scolaire de leurs enfants. Malgré votre combat pour le droit à la parentalité pour tous, vous avez quand même des réserves sur certaines situations ? Ce guide est là pour soutenir les parents, et dans certains cas, tout se passera très bien, mais il faut quand même anticiper. Ce n’est pas toujours simple, il y aura forcément des embûches et il faut bien se dire que c’est quand même plus facile lorsque l’on est bien entouré, que financièrement c’est possible, que mentalement on s’y est préparé. D’autant que la société pose souvent un regard réprobateur sur les parents en situation de handicap qui décident d’avoir des enfants, et si cela devient trop compliqué ou épuisant, la maman ou le papa peut ressentir une forte déconsidération de lui/d’elle-même qui n’est pas toujours gérable. Il y aura forcément des frustrations. Parfois on ne peut pas aller dans la chambre de son enfant qui pleure, on ne peut pas le sortir seule de son lit pour le câliner, on ne peut pas aller le chercher à l’école, pas l’accompagner à ses activités. Rien n’est impossible mais il est vraiment nécessaire de l’anticiper et de ne pas se dire Faisons un enfant, on verra bien ». Pour l’avoir vécu moi-même, ce n’est certainement pas le bon raisonnement à avoir. Vous êtes souvent confrontée à des situations où l’enfant est finalement placé dans des familles d’accueil ? On a aucunement le droit de dire à quelqu’un, quel que soit son handicap, physique ou psychique, qu’il n’a pas le droit d’avoir d’enfant mais on se doit de penser aux droits de l’enfant à venir. Je suis vraiment militante au droit à la parentalité pour les personnes en situation de handicap et je n’encourage, ni ne décourage aucun des parents que j’accompagne dans leur parcours, mais, en revanche, je parle sans langue de bois des difficultés et le cas échéant j’aborde le fait que l’enfant pourrait être placé. Cela arrive évidemment. Je ne dis pas que l’enfant est malheureux quand il est placé en famille d’accueil et, d’ailleurs, on peut tout à fait dans de tels cas être parent autrement, mais il faut que cela soit anticipé. Je précise que lorsque l’enfant est placé, cela ne veut pas dire qu’il est forcément coupé de ses parents. Il peut s’agir d’un mode d’organisation mixte, organisé sereinement. Mais souvent, ce n’est pas le cas, et c’est vécu comme un déchirement. Inversement, parfois certains enfants sont placés pour de mauvaises raisons, alors qu’il aurait juste fallu que les personnes accompagnantes et décisionnaires, comme les éducateurs ou les juges, aient travaillé sur des aménagements, des compensations en termes d’aides matérielle et humaine, et tout ce serait bien passé. Il y a clairement trop de placements abusifs dans les familles où il y a des situations de handicap.
Après avoir vu souffrir son fils du regard des autres, une maman a délivré un discours touchant qui fait, depuis, le tour du Gagnon est maman de six enfants, dont quatre adoptés. Parmi eux, Joel, son fils de neuf ans. Le jeune garçon souffre d’une déformation du crâne et du visage et il lui manque une oreille. Un handicap qui n’est pas toujours simple à vivre pour l’enfant comme pour la maman, comme en témoigne son message, diffusé sur Facebook il y a une semaine. Un discours poignant et bouleversant qui, elle l’espère, permettra de faire évoluer les comportements Aujourd’hui, je souffre. Nous avons été à l’église car notre aîné voulait parler de son expérience en colo. J’ai commencé par mener mes trois benjamins dans la salle où se réunissent les jeunes. En entrant dans la pièce, les quatre tables pleines d’enfants sont tout à coup devenues silencieuses et tous les enfants regardaient ou pointaient du doigt mon fils Joel. Joel est né avec une déformation cranio-faciale. Il lui manque une oreille et quelques os du visage. Je sais qu’il ne ressemble pas aux autres. Et aujourd’hui, ça me fait mal au cœur. Je suis restée près de la porte et ai regardé chaque enfant, avec leurs yeux grands ouverts et leurs bouches béantes. Je me suis approchée en pensant leur adresser un discours sur les différences puis je me suis arrêtée. Je me suis arrêtée et j’ai regardé vers le fond de la salle où mon fils s’était réfugié pour se cacher. Il avait caché son visage dans ses bras. Mon cœur s’est serré et la salle est restée silencieuse tandis que je m’approchais de Joel. J’ai touché son épaule et il a levé son visage rouge de honte et ses yeux pleins de larmes vers moi. Je me suis agenouillée et lui ai demandé s’il voulait quitter la salle ? Oui », m’a-t-il murmuré. Puis il s’est levé et a quitté la salle en courant. Je l’ai pris dans mes bras durant la messe et il a écrit Joel aime maman » au creux de ma main. Les larmes ont commencé à monter. Mon petit garçon mérite bien plus que des regards insistants et des pointages du doigt. Et j’ai alors pensé à ce que je n’ai pas fait dans cette pièce aujourd’hui. Par le passé, j’ai toujours pris le rôle de professeur pour éduquer les enfants. Ce genre de situations m’était déjà arrivée et j’avais alors l’habitude de parler des différences aux enfants. Mais aujourd’hui, je ne l’ai pas fait. Aujourd’hui, je n’ai pas cherché à enseigner quoique ce soit à l’enfant d’un autre car j’ai dû m’occuper de mon fils au cœur brisé. Donc je demande ceci aux parents enseignez à vos enfants. Apprenez-leur que beaucoup de personnes ont un physique différent. Montrez-leur des photos de personnes au physique différent. Expliquez-leur qu’il ne faut pas dévisager quelqu’un qui a un physique différent, qu'il n’est pas toléré de pointer du doigt. Dites-leur que mon enfant est le même que vous à l’intérieur. Il aime jouer au camion, à Minecraft et se rouler dans la boue. Il aime le ketchup mais pas les surtout, il n’aime pas qu’on le regarde ou qu’on le pointe du doigt parce qu’il est différent. Il n’a pas besoin qu’on lui montre qu’il est différent. Il le sait déjà . Je ne suis pas en colère. Je ne pense pas qu’il s’agissait là d’enfants méchants ou mal intentionnés. Je pense que personne ne leur avait appris comment réagir ou ne pas réagir dans cette situation. Ce post est donc là pour vous demander de prendre un moment avec vos enfants ce soir pour leur expliquer comment agir avec quelqu’un de différent. Montrez-leur des photos de gens qui n’ont pas la même couleur de peau qu’eux, qui ont des yeux différents, des capacités de langage différentes, des cannes pour marcher, des chaises roulantes pour se déplacer… Montrez-leur des enfants sans cheveux, sans oreilles, sans bras. Prenez un moment et montrez-leur tous types de différences. Apprenez-leur enfin qu’une belle personne se définit avec le cœur et pas avec les yeux. "
avoir un handicap mental et devenir parent